Edgar Chaput

Président & Co-fondateur de Perfarmer

Du temps de l’encadrement des prix par la Politique Agricole Commune, notre seule préoccupation était de sécuriser le rendement sur chacune de nos cultures.

Aujourd’hui, le risque le plus important sur notre ferme est le prix de vente de nos récoltes. Ne pas gérer son risque prix est la garantie de ne pas pouvoir se rémunérer et de mettre en péril son exploitation.

 

La gestion du risque prix, nouvel aspect du métier d’agriculteur

Et non des moindres !

Gérer sa commercialisation est aussi important que maîtriser sa production sur le plan technique et agronomique.

Concrètement, nous avons beau optimiser la gestion de nos sols et nos itinéraires techniques pour chaque culture, et même faire venir la pluie ou le soleil quand il le faut (😆), tout cela ne sert à rien si nous vendons mal nos récoltes.

En effet, si l’on peut constater des différences de l’ordre de 200€/ha sur les charges de mécanisation et de 50€/ha sur les intrants d’une exploitation à l’autre, le risque prix peut s’élever à plus de 500€/ha

Prenons l’exemple de Guillaume, qui exploite 220 hectares avec une rotation colza/blé/orge. En 2018, son chiffre d’affaire peut varier de 250 000€ à 320 000€ en fonction de ses choix de commercialisation. 70 000€ d’écart, c’est loin d’être une broutille pour Guillaume ! 😅

 

Calcul réalisé à partir des cours Euronext 2018 (avec une base fixe) :

 Semez-recoltez-commercialisez-perfarmer-2

 

L’impact du risque prix est donc prépondérant sur notre exploitation : une mauvaise stratégie de commercialisation peut mettre en péril notre ferme en une seule campagne.

Et même si gérer sa commercialisation est certainement moins amusant que de semer ou moissonner, c’est au moins aussi important si nous voulons continuer à faire ce que nous aimons l’année prochaine.

 

Comment gérer le risque prix de son exploitation ?

Gérer son risque prix consiste donc à décider quand vendre, quelle quantité et à quel prix.

Libre à vous de décider si vous voulez déléguer entièrement ce pan de notre métier en vendant au prix moyen proposé par votre OS, ou si vous voulez prendre en main le sujet, en assumant vos propres décisions. Mais à partir du moment où l’on décide de devenir acteur de sa commercialisation, personne ne va nous dire ce qu’il faut faire. Et nous ne pouvons pas non plus nous appuyer sur ce que fait notre voisin : l’impact du risque prix est différent d’une exploitation à une autre (en fonction des cultures, des charges de l’exploitation…) et nécessite donc une stratégie personnalisée.

Alors, si vous voulez prendre en charge la commercialisation de vos cultures, il n’y a pas le choix. Il est impératif de se former à ces sujets, de définir sa propre stratégie, et s’équiper des bons outils pour y parvenir.

Maîtriser sa commercialisation est donc devenu essentiel pour rendre son exploitation plus résiliente.

Et cela représente une part de plus en plus importante de l’emploi du temps des agriculteurs. Et vous, combien de temps consacrez-vous chaque semaine à ce sujet ?

Dans notre prochain article, nous discuterons de la gestion de ses émotions lors de la vente  de ses céréales.

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